03 juin 2008
Cinémathèque (II)
La cinémathèque, comme la cinéphilie est une aventure française. Sans Langlois (le Lucien Herr de la Nouvelle Vague), on le sait, pas de Bazin, pas de Cahiers, pas de Nouvelle Vague, pas de cet esprit si particulier à la cinéphilie française. Sporadiquement la cinémathèque éduque des grappes de jeunes, qu’ils soient en bande ou seuls, des années 50 à aujourd’hui, ceux qui viennent se perdre là – il y en a toujours - happés par le rêve glacé de l’écran, et les fantômes argentés. Eduque, oui, car fréquenter la cinémathèque ce n’est pas comme se rendre de temps en temps à un concert, ou voir une exposition. Fréquenter la cinémathèque c’est dans l’esprit de Langlois et de tous ceux qui ensuite vinrent s’y brûler les yeux « y aller », aller là plutôt qu’ailleurs et aller là de toutes façons par défaut quand on n’avait rien à faire, ne pas (trop) se laisser détourner par les détours de l’autre vie, la "vraie" (amis, amours, études).
Le rêve fou de Langlois : tout montrer d’une part et donc même ce qui a était ringard ou dépassé ou ce que le rapide XXème siècle voulait ensevelir dans l’oubli (le muet pour lui, plus tard les cinéastes mineurs, les sous genres). D’autre part et paradoxalement choisir, exhumer, marier les films selon leurs affinités cachées. Quarante ans plus tard, les films étant devenus innombrables, il ne saurait être question de tout montrer, mais d’aller trouver les raretés, d’aller sauver les films jugés trop sévèrement une première fois, d’aller montrer encore et encore ceux qu’il fallait voir et revoir.
Dans les années 1998-2002, cela donne : montrer en février 2000 « les années 90 » (dix ans après je ne pense pas que la sélection changerait d’un iota). Consacrer Jean Pierre Léaud (bien sûr), mais aussi Christopher Walken, ou Lou Castel (héros local, il vient souvent, toujours ivre mort), Dario Argento (standing ovation vibrante de dix minutes, qu’il regarde les yeux embués), Paul Verhoeven. Décider des géniales rétrospectives à thèmes où se côtoient tartes à la crème, chefs d’œuvres, films fantômes et oubliés (westerns européens, Sade au cinéma, Casses en tous genre, Fantômes).
Car il s’agit encore et toujours d’affaires de génération, il y a la rue d’Ulm, ceux de République early 90’s, et les cinéphiles d’aujourd’hui connaissent le grand bâtiment de Bercy. Moi j’étais de l’époque grands boulevards, rétrospectives Beauregard, Pialat, Joe Dante (la meilleure ! tous les films de l’écurie Corman !), Nicholas Ray, Fantômes, une génération. La génération d’une certaine cinéphilie sans doute la dernière. En 2004 Chaillot ferme, années 2000, on connaît la chanson, les DVD se multiplient, réalisent ce que la vidéo n’avait malgré tout pas réussi à faire : créer une manière mutante, hystérique de voir le cinéma, que consacrent aveuglément les Cahiers (combien d’articles débiles consacrés à la joie des scènes remontées en bonus, ou au fameux chapitrage). Je possède près de 50 DVD, en consomme énormément, je ne résiste pas non plus au fait de re-revoir Legally Blonde, Johnny Guitar, ou n’importe quel Rohmer dans une image parfaite, quand l’envie m’en prend, ou de pouvoir courir à la moindre boutique spécialisée de Paris et d’en ramener un coffret Biette. Combien de temps aurais je dû attendre les films de Biette avant ?
09:33 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
28 mai 2008
Rainy day in june
Ce midi j'avais rendez vous à ma banque. Mon conseiller (qui ne portait pas de gourmette, mais des boutons de manchette, je soutiens que ce détail a son importance) m'a raconté successivement le récit de sa tentative de hold up (oui, sous vos yeux ! un western en plein coeur de Paris, on se croirait dans "Touchez pas à la femme blanche"), puis comment il voulait devenir ébéniste, ou menuisier je ne sais pas un truc avec des outils, et partir en province (j'ai arrêté d'écouter). Après je lui ai rappelé que j'étais venue signer des papiers quand même, et il m'a expliqué que je pouvais faire ça par internet de chez moi. Bien entendu je n'en ferai rien et nous nous reverrons dans 18 mois. C'est toujours un prétexte pour marcher dans ces rues tristes et belles du nord du neuvième, celles qui, on se sait pourquoi, ont gardé un semblant de mystère dans cette ville morte (rue Fromentin, rue de Douai, rue Victor Massé, rue Fontaine, rue Notre Dame de Lorette). Dieu sait que je n'ai aucune estime pour André Breton, mais je sais que c'est à cause de lui.
Après je suis retournée au bureau, où je me suis ennuyée fermement. Je n'ai même pas pu, comme hier, faire un concours de phrases des Deux Etendards, avec "Vieil ami", car j'avais des réunions avec des gens très laids.
Après je suis sortie, il pleuvait.
Et j'ai regardé Plus Belle La Vie, il y a désormais un tueur en série (il s'appelle Francis), qui officie derrière le bar du Mistral. (S'il pouvait trucider cette cruche de Ninon!).
00:18 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : andré breton, plus belle la vie
13 mai 2008
C'est quand même fou
Hier pour une fois je décide exceptionnellement de NE PAS regarder Plus Belle La Vie et que se passe-t-il? Céline Frémond emballe enfin la fille du poissonnier, un évènement que nous attendions depuis bientôt trois semaines.
La semaine dernière je sors du passage Jouffroy, foule noire sur le trottoir devant le musée Grévin, je me dis qu'il doit s'agir de Mimi Mathy ou de Christophe Maé qui viennent étrenner leur stature de cire, je ne regarde donc même pas en direction des flashes et lorsque j'arrive au bureau qu'est ce que j'apprends? qu'il s'agissait de Shah Khruh Khahn.
Oui je sais cela fait mal aux fesses, et comme ce genre d'évènements arrive toujours en série, je me demande ce que je vais ENCORE rater cette semaine.
Et demain, je serai là, plutôt qu'à Cannes:
11:01 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : plus belle la vie, bollywood, will ferrel
11 mars 2008
Gastronomie
On a décidé avec lidill de revoir notre alimentation de fond en comble (ça n'allait plus du tout). On a acheté : deux concombres, un brocoli, des yaourths nature, un chou blanc, un poulet entier, des steaks de soja (!!!), des compotes de pomme sans sucre ajoutés, des bananes bio, du jambon sous cellophane.
Heureusement on a trouvé un reste de saucisson de nos vacances, des bières, et un paquet de Pringles pour dîner.
Sinon, ce midi j'ai goûté le COB (Chicken Onion Bacon) de chez Mac Do et figurez vous que même s'ils ne peuvent pas s'empêcher de l'enrober dans un de leurs ridicules pains fantaisie (avec éclats de bacon, on croit rêver), c'est carrément bon (bien mieux que le dernier album des Kills par exemple). Pour une fois que Mac Do invente une nouvelle recette au lieu de nous ressevrir le 280 ou le Big Tasty, je pense qu'il faut les encourager.
21:13 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Suspense
Pourquoi ai-je envie d'aller voir le dernier Assayas? Alors que je déteste Charles Berling? que Les Destinées Sentimentales m'ont assommée? qu'il y a "K19 le piège des profondeurs" sur la Trois? que je n'ai toujours pas vu le film des frères Coen?
Oui, pourquoi?
Réponse à 22h35 à l'UGC Ciné Cité des Halles (je serai au premier rang avec un grand pop corn salé).
21:04 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 août 2007
Je m'exécute
Questionnaire de Berlin Belleville.
Quatre livres de ma jeunesse : Comme Elsa, Les Petites Filles Modèles (et Les Malheurs de Sophie et Les Vacances). Prénoms désuets (Marguerite ! Palmyre !), maison de vacances, calèches renversées et confitures. Après lire la parodie du Reboux Müller, évidemment.
Fantômette et la main jaune. Le meilleur Fantômette je crois.
Les enfants Tillerman de Cynthia Voight, un livre que je relis tous les ans. (Un Sans Famille américain en moins geignard avec des hamburgers. Après on ne regarde plus Route One USA de la même manière).
813 de Maurice Leblanc (s'il faut choisir un Arsène Lupin, ce sera celui là). Faut-il vraiment expliquer pourquoi?
Quatre livres que je lirai encore et encore : Sans doute Madame Bovary, juste rétribution à un livre que j'ai haï plus jeune, ainsi que la correspondance de Flaubert. L'usage du Monde de Nicolas Bouvier. Quelques Balzac chéris (La Duchesse de Langeais, Illusions Perdues, Les Secrets de la Princesse de Cadignan). Sans doute aussi les livres de Philippe Forest (mais je ne saurais pas dire pourquoi). Chéri de Colette. (quoique la fin de Chéri soit encore mieux).
Quatre écrivains que je ne lirai plus : Annie Ernaux beurk, Le Clézio re-beurk, Alice Ferney, Paul Auster, et de manière générale tous les auteurs chéris des profs de français de 4ème (en gros prenez le catalogue Acte Sud).
Quatre livres à emporter sur une île déserte : je n'arrive absolument pas à répondre à cette question. Quatre livres c'est trop ou pas assez. Disons des livres que je n'ai jamais eu le temps de lire : Le dit du Genji, Moll Flanders, Tom Jones et Les Buddenbrook par exemple. Et puis après on les déchire parce qu'on n'a pas de papier toilette sur l'île déserte.
Quatre livres sur ma pile : Les frères Karamazov, La chartreuse de Parme, un manuel de poker (j'en ai un pour débutant mais ça ne suffit pas). Et n'importe quoi de Pierre Siniac, j'ai décidé de tout lire. Ah oui Autoroutes de Michel Lebrun mais ce bouquin est introuvable.
Et la catégorie supplémentaire : les quatre chef d'oeuvre que vous refusez de lire : J'aurais bien dit L'étranger mais c'est de la triche, j'ai fini par le lire, Shakespeare, L'attrape-coeur, Le Cid (j'y ai échappé au collègue, peu de chances que je le lise un jour). Et arrgh Le Soulier de Satin (j'ai un problème avec le théâtre, vous l'aurez compris).
Je passe le relais à la Cadillac (au travail!), pdf (message personnel : ma soeur aussi t'a vu dans Biba), pandore. Zou.
14:15 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
30 mai 2007
De choses et d'autres
Au milieu de l'épisode de Grey's anatomy de ce soir, on entend "Young Folks", mais bon les séries américaines n'ont pas besoin de chansons élégantes pour s'acheter une caution, et surtout Grey's anatomy qui est une série douce et feutrée, et agréable à regarder. Pourtant j'avais juré de ne plus regarder de séries médicales depuis Urgence - le jour où Lucy est morte j'ai compris qu'on pouvait être trahie par des scénaristes, j'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, et le lendemain dans le métro, tout le monde ne parlait que de ça. C'était en 2000 et je peux vous dire que les horreurs de Nip Tuck ou les massacres de personnages en série de 24h ne m'ont pas beaucoup impressionnée depuis.
Bon mais ce dont je voulais vous entretenir ce soir, c'est que tous les matins je me rends à la Maison Dorée. Eh oui. Pour quelqu'un d'un peu supersticieux et fétichiste comme moi, c'est quasiment un miracle. Non pas parce que Balzac, Flaubert, ou Nerval ont respiré en ces murs mais parce que je connais ce texte par coeur depuis mes 15 ans :
"Au lieu des expressions abstraites “ temps où j'étais heureux ”, “temps où j'étais aimé ”, qu'il avait souvent prononcées jusque-là et sans trop souffrir, car son intelligence n'y avait enfermé du passé que de prétendus extraits qui n'en conservaient rien, il retrouva tout ce qui de ce bonheur perdu avait fixé à jamais la spécifique et volatile essence ; il revit tout, les pétales neigeux et frisés du chrysanthème qu'elle lui avait jeté dans sa voiture, qu'il avait gardé contre ses lèvres - l'adresse en relief de la “Maison Dorée” sur la lettre où il avait lu : “Ma main tremble si fort en vous écrivant [...]” . (Marcel Proust - Un amour de Swann).
Evidemment cette salope d'Odette était en fait avec Forcheville, si ma mémoire est bonne.
Mais bon travailler là c'est la classe non? Bon à l'époque il y avait surtout des femmes légères et de jeunes viveurs inconséquents, et aujourd'hui c'est plein de traders en cravates - on ne peut pas tout avoir, mais je cherche toujours Henri de Marsay des yeux, on ne sait jamais.
00:11 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
10 mai 2007
pfff !
Je viens de passer une journée tellement morne qu'elle ne mériterait même pas d'appartenir au mois de mai. On m'aurait même récupérée Place du Châtelet en train de parler toute seule devant la couverture du Point. Ni les 15 cm de saucisson à l'apéro, ni Julien à la Nouvelle Star, ni la reprise de Heroes ne m'ont rendu le sourire.
Sauf peut être ça...
00:36 Publié dans mardi soir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note





