20 juillet 2009
L'assassinat de Paris : les Halles
Le livre éponyme de Louis Chevallier - auquel je pique le titre de cette série - ne parle que de ça. L'assassinat de Paris, c'est celui des Halles, l'interruption d'une tradition perpétuée depuis des siècles. Le fameux trou, honte des années 70 pour les amoureux de Paris. Le scandale du Forum, puis celui de Beaubourg.
Mais Haussmann était déjà passé par là, avait détruit nombres de rues. Celles du "Ventre de Paris" n'existent déjà plus en 1880. Le charnier des Innocents avait déjà été déplacé, Saint Gilles Saint Leu tranché en deux par le boulevard de Sébastopol. Et toujours les Halles résistaient.
Contrairement à ce que pensait Louis Chevallier, dans les années 70, 80 et même au début des années 90, le trou des Halles puis le Forum abhorré, repaire de marchands de disques, de punk, de fripiers, restaient un point d'attraction de la vie nocturne et diurne, attirant la communauté homosexuelle au début des années 80 avant sa grande migration de l'autre côté de Beaubourg, les noctambules, ou tout simplement ceux qui aimaient encore le quartier. Années après années suivants les différentes modes musicales, diverses bandes de jeunes venus de banlieue ou des autres coins de Paris, se succédaient sur les marches des Innocents. Halles not dead même si les prostituées se faisaient plus rares rue Montmartre.
Milieu des années 90, la rue Montorgueil était encore agréable, teintée des couleurs pâlies d'un passé qui semblait imputrescible. Et puis il y avait la rue Saint Denis, salle de jeu, sex shop, foule interlope.
Puis pour une raison inconnue le quartier s'est flétri de lui même les vingt années à venir. Pourtant rien n'avait changé, ni la piscine, ni les couloirs du Forum, ni l'ombre bienveillante de Saint-Eustache.
Aujourd'hui en se promenant place du Châtelet, ce qui saute aux yeux c'est le côté provincial du quartier. On se croirait en voyant passer foule indéfinie qui n'a rien de parisienne, dans les tranquilles rues à arcades d'une bourgade de province un samedi après-midi, suprême humiliation pour ce qui a longtemps été le coeur vibrant de Paris.
Reste les ombres et les néons, le charme seventies défraîchi du Forum, la magie inénarrable de l'UGC Orient Express, un des seuls cinémas de Paris qui ait encore le goût de mon enfance. Mais il fermera, et je ne vois pas alors, ce qui m'attirera encore aux Halles.
18:42 Publié dans L'assassinat de Paris | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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Commentaires
Bah, ce qui t'attirera encore aux Halles, c'est le forum des Images et les projos de vieux classiques...
Quand à Chevalier, bon, "classes laborieuses, classes dangereuses quand même" mind where you put your eyes...
Ecrit par : castor Junior | 20 juillet 2009
Je n'ai jamais réussi à le finir, mais en tous cas j'adore L'assassinat de Paris.
Ecrit par : lidell | 21 juillet 2009
ah, c'est drôle, précisément hier, en passant en vélo je me disais que Les Halles, c'était en fait la place du village, un croisement de la banlieu et de la Province. Les premières fois où je suis venue à Paris, après Londres, pour retrouver les amis éparpillés dans toute la France, où crois-tu que nous nous donnions rendez-vous? A côté de la fontaine, en face du McDO!
Et je suis assez deçue du Forum de images, depuis sa réouverture. La programmation, bofbof. Je suis allée voir par hasard "Le jeu de la pomme" de Vera Chytilova dans le pathétique cycle Vengeance...inénarrable...et cette déco pop futuriste, eurk...Mais je n'ai pas vu la médiathèque encore.
Ecrit par : toxic | 21 juillet 2009
heu pas trés fan de cette série, un peu trop 19 iemiste à mon goût ! C'est pas du tout grave en tout cas !
Et aussi tu peux me trouver là
http://www.flickr.com/photos/embarquement/
faut qu'on se croise dans Paris !
Ecrit par : liza | 21 juillet 2009
toxic --> je n'y ai pas mis les pieds encore !
liza --> oui, oui, faut qu'on se croise. Désolée si t'aimes pas la série, elle va encore durer tout l'été.
Ecrit par : lidell | 22 juillet 2009
en plus ce sont les deux quartiers que je connais le mieux et que je vois toujours comme des espaces vierges et vivants, par lesquels tu as commencé, grandir en province me donne sans doute ce regard désespérément neuf sur Paris...
super si on se croise !
Ecrit par : liza | 22 juillet 2009
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