09 février 2009
Ca y est !
Paul Rudd a le premier rôle dans un film !
"Les grands frères" s'ajoute à la flanquée de comédies US "low profile" (pas complètement réussies, mais qu'on ne peut s'empêcher d'aimer) qui fleurissent depuis quelques mois (The Rocker, Yes Man, Superblonde...), dans lesquels jouent en général des seconds rôles de chez Appatow, Emma Stone, et des acteurs de The Office US.
Je ne sais pas si on se force à les trouver bien, pour se convaincre qu'on peut encore regarder autre chose que des séries, où si vraiment on pourra les revoir dans dix ans, toujours est-il qu'en ce moment, je ne vais plus voir que cela au cinéma.
Cela dit, Les grands frères est réussi, sans doute cette histoire de jeu de rôle, ou alors Christopher Minz Place qui est le prochain grand acteur comique des dix prochaines années :

06 février 2009
Bientôt
Je vais changer de travail.
Enfin, comme c'est la crise, c'est pas non plus le grand bouleversement : disons que je descends d'un étage.
C'est une promotion, car il y aura à cet étage des toilettes, et une machine à canettes et à Twix. Peut être même qu'il y aura le chauffage.
(Mon étage est vraiment pourri, mis à part qu'on voit le ciel).
J'aurai aussi un nouveau collègue. J'ai commencé à discuter avec lui pour savoir ce qu'il aimait dans la vie, ce qu'il faisait après le bureau, où il habitait. "Des maths", il m'a dit. "L'an dernier pendant mon temps libre, j'ai fait une thèse, et j'ai donné mon nom à trois théorèmes." "Et toi?" J'ai répondu que que pour ma part je préférais cuisiner. L'an dernier j'ai donné mon nom à un burger chez MacDo (le "M").
Mais bon, je crois qu'il ne va pas regretter de travailler avec moi, quand je suis pas chef, je suis plutôt sympa.
05 février 2009
NRF
La NRF fête ses cent ans.
A titre personnel je pense que c'est une des choses qui me rend les plus fière d'être française (c'est peut être un peu bizarre de le dire comme ça), avec l'architecture du XVIIème, l'invention de la critique de cinéma, quelques films et quelques fromages.
On peut se moquer de plein de choses, les critiquer, dire que Gide, bof, qu'ils ont raté Proust et Céline, que maintenant ils ne sortent rien d'intéressant, que les choix d'auteurs de La Pléiade sont mou du genou, qu'ils mettent mal en valeur leur patrimoine, que les vendeurs des librairies du groupe sont plus inculte qu'une classe de Bégaudeau, que l'Imaginaire est un scandale.
N'empêche.
Au delà des auteurs, et des chef d'oeuvres, ils ont eu Jean Paulhan et Roger Nimier. Ils ont publié quelques textes fascinants et encore méconnus, qui ne seront des classiques dans 150 ans. Ils ont publié Harry Potter. Et en 2009, quand un manuscrit au dessus du lot est envoyé à toutes les maisons parisiennes (La meilleure part des hommes pour ne pas le citer), il n'y a que Gallimard qui rappelle.

04 février 2009
Hier soir
Un couple de journalistes suédois est venu nous interviewer Lidill, Antoine et moi dans le cadre d'une enquête : "Pourquoi les françaises sont elles championnes de la fertilité, et ont plus d'enfants que les européennes?".
Oui, je sais, nous connaissant, ça ressemble à une vaste blague.
Mais bon dans quinze ans, on pourra coller la honte à Antoine, - quand il se comportera en ado pénible - en lui montrant sa photo en pijama à motifs dans le Svenska Dagablat.
Pfff
Je suis en train de rédiger l'interview que j'ai faite de Tristan Garcia, pour gonzai. C'est vraiment long.
Ca m'a pris tout une après midi de boulot à la banque (pourtant j'ai beaucoup de choses urgentes de banque à faire), et je n'ai toujours pas fini.
Si je vous résume l'entretien :
- Tristan Garcia est Mac Mahonien
- Il aime Veronica Mars, et plus particulièrement le personnage de Logan
- Et Joyce et Alex Chilton.
Je sais que c'est un peu ringard, de juger les gens sur leurs goûts, mais cela en fait un garçon sympathique, surtout qu'on a bu toutes ses bières avec la photographe, et qu'il n'a rien dit.
J'ai oublié de lui poser des questions sur comment c'était le Prix de Flore, est ce que Sollers lui avait pincé les fesses, et avec qui sort Beigbeder maintenant. En plus je m'aperçois qu'on n'a pas du tout parlé de son livre. Mais vraiment pas du tout. Je ne suis pas faite pour le journalisme.
La Mousson
Lors d'un échange de mails avec toxica, nous avons évoqué La Mousson de Louis Bromfield.
Alors là, un torrent de nostalgie s'est abattu sur moi.
Je devais avoir dix ou onze ans, je passais un week-end chez ma meilleure amie, nous avions pris le livre à la bibliothèque du Trocadéro, et nous l'avions lu à tour de rôle pendant ces deux jours, très vite, parce que c'était TROP BIEN.
A l'époque, je lisais tout ce que je pouvais, sans distinction, je n'essayais pas de lire les livres d'un auteur ou d'une collection, ou qui étaient recommandés par quelqu'un. Je pensais qu'il n'était pas besoin de faire des choix, car de toutes façons je lisais vite (bien plus vite qu'aujourd'hui), et il me semblait que jamais le temps ne manquerait.
Si j'y repense j'ai pas mal de souvenirs de lectures avec cette amie, notamment une fois où on lisait Marcel Aymé sous les couvertures à la campagne. Je n'ai pas relu l'histoire de Sabine depuis, même si j'en parle souvent avec mon meilleur ami. Je me souviens aussi parfaitement de ma première lecture du Rouge et le Noir, toujours dans cette maison de famille. Parfois j'ai envie de retourner dans le passé pour retrouver la bibliothèque fabuleuse de son grand-père (les livres courraient sur deux étages, il y avait une échelle). A l'époque, je ne pensais pas que les choses puissent disparaître, et cet endroit magique me paraissait normal.
Même si elle me jure qu'elle n'a plus le temps de lire, je lui offrirai Les Deux Etendards un jour. Je sais pertinemment qu'elle le lira comme on lisait "La Mousson" ou "e=mc2 mon amour", à l'époque.
03 février 2009
Amour de jeunesse
En ce moment, je relis tout ce que je peux de Jean Paulhan. J'ai même cassé ma tirelire pour l'introuvable édition Tchou. Ce sont plutôt de bons moments. Voici un de mes textes préférés, l'un de ceux où il exprime l'une de mes convictions intimes :
"Qu'y a -t-il donc dans la mort qui ressemble à une fête? Et qu'on ne me réponde pas que c'est en général la mort des autres et que si la mort d'un ami ou d'un père (toute hypocrisie mise à part) est en général - avec toute la peine qu'elle peut nous apporter - chose plutôt exaltante et même excitante, et qui dispose curieusement par exemple à l'amour physique, c'est qu'elle nous rejette par contraste à la vie dans ce que nous tenons pour les aspects les plus vifs, et qu'ainsi nous rétablissons comme nous le pouvons un équilibre un instant compromis. (Car enfin nous sommes - et ne pouvons éviter d'être -tant que nous vivons, du côté de la vie). A quoi s'ajoute que la maladie, puis la mort d'un ami vient rompre avec nos habitudes journalières et toute une suite de devoirs qu'évidemment nous supportons sans patience".
Ce week end
J'ai vu le film sur Jean Luc Godard.
C'est vraiment décevant, je veux dire je vénère Godard, comme plein de gens je suis sortie de ses films à 21 ans, en me disant que ma vie ne serait plus jamais pareil, et Les Histoires du Cinéma bon...
Mais là, Anne Marie Mieville a raté son lifting de A à Z, Dominique Païni ne parle presque pas, Godard s'entretient avec de jeunes "plasticiens" qui font des "installations" (je conchie l'art contemporain, et ceux qui le font), bref ce n'est pas très intéressant. Quitte à faire parler Godard deux heures, j'aurais préféré qu'il parle d'autre chose...
Il faut malgré tout absolument voir le film pour les cinq minutes où Jean Marie Straub parle en marchant, il bougonne, on comprend à peine ce qu'il dit, il est devant Godard, dans une salle de cinéma. Godard et Danièle Huillet le regardent en souriant, c'est à pleurer.
La dernière fois que j'ai vu les Straub ensemble, ils présentaient "En rachachant", que je n'aime pas du tout, et un autre film que j'ai oublié. C'était au Cinéma des Cinéastes, avenue de Clichy. Jean Marie Straub disait : "Quand je traverse Paris, je vide mes poches entièrement, il y a un SDF tous les cent mètres". Et il ne nous faisait pas chier à planter des tentes sur le Canal St Martin.
C'est fini, maintenant.


