03 septembre 2009

D'ici quelques jours

Je vais habiter à côté d'un cimetière. Enfin plus qu'à côté : tout contre.

J'ai enquêté : dans mon nouveau quartier il y a aussi des magazins de valises, des travestis qui tapinent, la trilogie de survie : franprix - monop - picard, un cinéma et une librairie.

Pour me punir de l'abandonner des souris maléfiques ont envahi mon appartement actuel. J'ai toujours pensé que c'était ridicule d'avoir peur des souris, mais en fait compte tenu que potentiellement elles peuvent monter dans votre lit vous mordiller les pieds, je ne trouve plus cette peur absurde.

Sur le conseil de toxica, je cherche un chat pour ces quelques jours. Je le rendrai intact -  et bien nourri.

23 juillet 2009

Quand ça ne va pas

 

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22 juillet 2009

Je pense sérieusement

A prendre des billets pour Las Vegas et assister au séminaire de développement personnel animé par Steve Pavlina.

Le programme est alléchant :

"This workshop is for people who are committed to conscious personal growth. Such people already "get" the point of personal development and don't need to be sold on why it's a good idea. These people are looking to improve their lives across the board. They seek fulfilling career options, loving and compatible relationships, physical and mental energy and vitality, financial abundance, empowering habits, spiritual awareness, inner peace, and greater happiness and well-being. "

La moitié des gens qui vont lire ce post vont dire "ah ah sacrée lidell qu'est ce qu'elle a inventé encore", l'autre moitié va se dire "MAIS N'IMPORTE QUOI", et ma soeur va se marrer (elle aime bien la coupe de cheveux de Steve).

Mais n'empêche, je me tâte.

 

 

le spectaculaire intégré

Interview édifiante de Matthieu Pigasse, banquier d'affaire qui renprend les Inrocks dans le Figaro.

J'aime beaucoup deux passages : "Nous allons proposer un regard différent, subversif, libre, indépendant", et "Notre ambition est de faire un news magazine générationnel rebelle à l'ordre établi".

Qu'est ce qui est drôle dans tout ça, qu'un banquier parle d'attitude rebelle? non je travaille avec des banquiers, ils sont bêtes et irresponsables, mais dans leur attitude d'enfant de deux ans bloqués au stade anal, ils sont avouons-le un peu plus rebelles que tous les moutons du secteur culturel.

Plus, sûrement qu'on accole l'étiquette si ennuyeuse et délavée du "subversif" au journal le plus bien pensant, conformiste et ennuyeux que je connaisse.

Sinon, le banquier amateur de The Clash (c'est lui qui précise) dit s'inspirer du Rolling Stones des 70's. Belle référence, mec, tu comptes donc empocher des millions pendant que tes meilleurs journalistes crèvent la dalle entre deux piges?

Tout ceci me laisse perplexe. Mais tout n'est pas si pourri dans la presse aujourd'hui, il y a le meilleur article que j'ai lu depuis des lustres sur la chirurgie esthétique dans le dernier Marianne. Lisez-le !

 

 

20 juillet 2009

L'assassinat de Paris : les Halles

Le livre éponyme de Louis Chevallier - auquel je pique le titre de cette série - ne parle que de ça. L'assassinat de Paris, c'est celui des Halles, l'interruption d'une tradition perpétuée depuis des siècles. Le fameux trou, honte des années 70 pour les amoureux de Paris. Le scandale du Forum, puis celui de Beaubourg.

Mais Haussmann était déjà passé par là, avait détruit nombres de rues. Celles du "Ventre de Paris" n'existent déjà plus en 1880. Le charnier des Innocents avait déjà été déplacé, Saint Gilles Saint Leu tranché en deux par le boulevard de Sébastopol. Et toujours les Halles résistaient.

Contrairement à ce que pensait Louis Chevallier, dans les années 70, 80 et même au début des années 90, le trou des Halles puis le Forum abhorré, repaire de marchands de disques, de punk, de fripiers, restaient un point d'attraction de la vie nocturne et diurne, attirant la communauté homosexuelle au début des années 80 avant sa grande migration de l'autre côté de Beaubourg, les noctambules, ou tout simplement ceux qui aimaient encore le quartier. Années après années suivants les différentes modes musicales, diverses bandes de jeunes venus de banlieue ou des autres coins de Paris, se succédaient sur les marches des Innocents. Halles not dead même si les prostituées se faisaient plus rares rue Montmartre.

Milieu des années 90, la rue Montorgueil était encore agréable, teintée des couleurs pâlies d'un passé qui semblait imputrescible. Et puis il y avait la rue Saint Denis, salle de jeu, sex shop, foule interlope.

Puis pour une raison inconnue le quartier s'est flétri de lui même les vingt années à venir. Pourtant rien n'avait changé, ni la piscine, ni les couloirs du Forum, ni l'ombre bienveillante de Saint-Eustache.

Aujourd'hui en se promenant place du Châtelet, ce qui saute aux yeux c'est le côté provincial du quartier. On se croirait en voyant passer foule indéfinie qui n'a rien de parisienne, dans les tranquilles rues à arcades d'une bourgade de province un samedi après-midi, suprême humiliation pour ce qui a longtemps été le coeur vibrant de Paris.

Reste les ombres et les néons, le charme seventies défraîchi du Forum, la magie inénarrable de l'UGC Orient Express, un des seuls cinémas de Paris qui ait encore le goût de mon enfance. Mais il fermera, et je ne vois pas alors, ce qui m'attirera encore aux Halles.