29 juin 2008
Fairy Tales
Week end passé dans une maison de famille. Dans toutes les maisons de famille, il y a des livres qui traînent et il est de bon goût de les lire plutôt que ceux que l'on traîne de Paris (ils sentent le neuf). Là outre une adorable édition de Molière de 1805 qui me tendait les bras, mais j'ai arrêté net, la scène entre Alceste et Célimène m'a brisé le coeur, il y avait plein de 1000 soleils dont La Guerre des boutons, lu, relu et encore relu comme quelques autres compagnons d'enfance. Ce qui m'a rendue le plus nostalgique, c'est que Louis Pergaud, mort à 33 ans, dans une tranchée, il avait vraiment la tête de quelqu'un avec qui on avait envie d'être ami. Et franchement chez les écrivains c'est rare, ils ont plutôt des têtes de mec pas content, ou vaguement aigris, bref si on les lit au lieu d'aller boire des coups avec c'est pas pour rien (peut être aussi parce que dans l'ensemble ils sont morts). Bon alors j'ai repris La guerre des boutons, quelque chose comme 22 ans après, et surprise c'est toujours aussi bien. C'est un livre qui représentait à peu près tous les rêves que je pouvais avoir à huit ans : être un garçon, avoir un lance pierre et grimper aux arbres.
Sinon j'ai aussi lu Nadja. Je ne dirai qu'un mot : ce qui est beau c'est bien évidemment la Porte Saint Denis, pas ce que Breton écrit. Pff ces surréalistes...

23:10 Publié dans dimanche soir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27 juin 2008
I've killed my world and I've killed my time
Autant que vous l'appreniez hier a été une journée pourrie à la Bourse. Ce sont ce genre de choses dont parlent les gens à mon bureau (et des résultats du foot), mais le vendredi je n'écoute pas. Donc je vous parlerais bien de Sarah Marshall, j'ai beaucoup réfléchi (autre activité qu'on fait pas mal par ici : réfléchir) et je pense que si ce film est un peu décevant c'est principalement à cause de Kristen Bell. Et si Knocked Up était aussi bien c'était grâce à Katherine Heigl.
Voilà, c'est ce qui s'appelle un parti pris, parce que l'on pourrait juger ces deux films à l'aune de leurs personnages secondaires, ou de leurs digressions, ou de leur dramaturgie, mais bon je pense que le truc important c'est l'actrice blonde. Point barre. Cela dit c'est sans doute mieux que les trois quart des trucs en salles, alors c'est quand même le truc à voir avant le prochain Batman (Christian Bale - soupirs) .
Sinon je cherche un pantalon à la hauteur des chaussures bleues achetées hier (tout est de la faute de toxic qui me poussait au crime depuis des semaines), et je relis "L'exercice a été profitable, Monsieur", je vois "Allemagne Année Zéro", et ce matin j'ai écouté 18 fois de suite "Short Stopping" par Veda Brown. Oui, 18, certains savent comme moi, que ce chiffre a des propriétés magiques, sinon faites comme tout le monde relisez Pythagore.
15:13 Publié dans vendredi soir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18 juin 2008
(sans)
Je pense qu'on va être déçus par "Sarah Marshall". Un peu comme hier, où mordant dans un jambon beurre acheté dans une boulangerie pourtant digne de confiance je suis désagréablement tombée sur...de la margarine (il y a des semaines comme ça). Et Kristen Bell actrice sûrement surestimée, va-t-elle nous consoler d'avoir perdu "Veronica Mars"? non, je ne pense pas.
Deux choses qui ne m'ont pas déçues en revanche : je suis tombée dans mon armoire sur une jupe H&M que j'avais OUBLIEE (comment est-ce possible?) et qui est MAGNIFIQUE. Et revoir Jackie Brown, quelle classe, rappelez vous ce moment ou de Niro se paye un strip tease, en écoutant les Supremes. Qu'est devenu Robert Forster?
11:40 Publié dans mercredi soir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
08 juin 2008
Déception
Je suis en train de regarder Super Nacho et c'est NUL. En fait je crois que je n'aime pas Jack Black. Quand je pense que j'ai hésité au vidéo club succesivement avec Cluny Brown, Les temps qui changent et Rumble Fish (que je confonds avec Outsiders et donc impossible de me souvenir si je l'avais déjà vu ou non). Il y a des jours où on prend décidément la mauvaise décision.
Sinon je voulais dire du bien du libraire de la rue des Vinaigriers, c'est une librairie de BD, et les Bd je m'en fiche un peu comme de mon premier Oui Oui, mais j'y ai trouvé Le Petit Ami de Léautaud, que je cherchais depuis des semaines. Et en édition Mercure de France, s'il vous plaît. Cela dit pour les gens qui aiment la BD (il y en a), je crois qu'il a aussi de bonnes BD. Et c'est ouvert jusqu'à 22h22 (un heureux signe).
Sur ce les gens je vous souhaite une bonne semaine, mon entreprise me paye trois jours au vert pour apprendre à être un manager efficace et développer mon leadership (sic), je sais déjà comment ça va se passer, je vais râler, ça va ressembler à un roman de Houellebecq, et puis aux pauses cigarettes je m'apercevrai qu'il y a des gens sympas, et on finira à 2 heures du matin à boire des whisky sur la pelouse (on est quand même au mois de juin).
Après je pars à Rome, probablement pour manger beaucoup de glaces.
21:33 Publié dans dimanche soir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
04 juin 2008
Cinémathèque (III)
On y reconnaît les uns ou les autres (mais on ne se parle jamais). J’ai assistée, tétanisée à une projection de Franck James à côté des Straub (qui ne se déplacaient guère que pour les Ford), Jean Rouch venait souvent, et dans la queue pour un Vecchiali quelle ne fut pas ma surprise de voir derrière moi une frêle femme aux yeux bleus : Françoise Lebrun.
Aujourd’hui , alors que tout existe en DVD, que les moindres blogs ou sites recommandent les indispensables de la culture officielle ou unerground , il n’y a plus de découverte, on n’attend pas 5 ans avant de voir un film (j’ai attendu près de huit ans pour voir ceux de Debord), il n’y a plus de queue de 200m pour le Tabu de Murnau, la rareté a disparu ainsi que la quête. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, je sais seulement que nous avions conscience que lorsque nous assistions, muets de plaisir, à la projection des cinéphiles de Skorecki (qui nous toisait dans la salle en nous lançant « un cinéphile je ne sais pas ce que c’est, le cinéma je ne sais pas ce que c’est »), à l’intégrale de la maison des bois de Pialat, ou encore lorsque nous voyions Rock n Roll High School, ou Two Lane Black Top miraculeusement exhumés de seventies de rêve, nous étions témoins de quelque chose de rare, qui ne reproduirait pas. Et si nous ne sommes pas la dernière génération de cinéphiles, nous sommes du moins à avoir vécu la cinéphilie comme ont pu la vivre en leur temps Truffaut ou Skorecki (traquer le film rare, savoir attendre, préférer le grand écran au petit).
En 2004 la cinémathèque déménage, cette fois le couperet repoussé plusieurs fois tombe. Dernier week-end : je vais voir un Grandrieux le vendredi soir. Le dimanche : projection des Histoires di cinéma à Chaillot. Je n’y vais pas pensant que ce sera vraiment trop triste. Ca l’était.
Aujourd’hui je n’y vais plus ou presque. Je ne me sens pas à l’aise dans les grands bâtiments de Bercy. C’est à mon vidéo club maintenant que je m’en remets pour découvrir un Garrel que je n’ai jamais vu, ou trouver les films que j’ai encore envie de voir (House by the river de Lang, les Will Ferrell non sortis en France, les premiers Curtis Hanson), de temps en temps cependant j’y retourne, la dernière fois c’était une séance jeune public pour Moonfleet, les enfants commentaient le film, Steward Granger dérivait au loin sur sa barque et j’essaie de ne pas pleurer.
Paris est tout petit et j’habite désormais le quartier, je ne quitte jamais les grands boulevards et passe tous les jours par Bonne Nouvelle, le trottoir devant ce qui est désormais un « Comedy Club » (sic) reste vibrant de ces heures heureuses passées patiemment sur le Boulevard de Bonne Nouvelle à attendre que la séance commence, en lisant ou regardant la rue, ces heures perdues dans la vacance d’après midi d’été parce que nous préférions être là que chez nous, dans les bars et les cafés, là plutôt que dans les rues, ou en cours, hypnotisés par l’immense écran, aveuglés . Comme la jeunesse, cela passe.
11:25 Publié dans mercredi soir | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note




